Less is more [Interview]

Suite à  ma chronique de leur excellent album ‘Glitter’, j’ai demandé à Josh Frazier de Dead Mellotron de répondre à quelques questions. Une interview courte et déroutante, à l’image de leur musique.

Dead Mellotron

Tiphaine: Bonjour. Peux-tu m’en dire un peu plus sur Dead Mellotron ?
Dead Mellotron (Josh Frazier): Le projet Dead Mellotron a commencé à la base comme un moyen pour sortir des morceaux dont je sentais qu’ils ne pouvaient pas être joués en concert, mais peu de temps après, le groupe dans lequel je jouais s’est séparé. C’est alors que j’ai décidé de me concentrer davantage sur ce projet. Et en aucun cas, ce n’est un projet solo, plus du tout, et je ne veux pas que quiconque le pense.

T: Est-ce que tu penses que ton déménagement de la Louisiane à Baltimore a changé ton son ?
DM: Je ne pense pas non. Ce que je veux dire, c’est qu’indirectement, peut-être oui, mais je ne dirais pas que vivre à présent à Baltimore a influencé la façon dont on sonne.

T: Dans le même ordre d’idée, comment est-ce que le changement de lineup du groupe, passé d’un projet d’une personne à trois ensuite a influencé votre son, votre manière de composer ou d’écrire des chansons ?
DM: Ça a juste rendu les choses plus faciles. Moi et Courtney sommes véritablement les compositeurs, ceux qui écrivent pour Dead Mellotron toutefois.

T: Comment as-tu rencontré Aimée et Courtney ? Comment se sont-elles joint(es ?) au projet initial ?
DM: Je les ai rencontrées alors que j’habitais encore au Texas. Elles habitaient Baltimore. Courtney m’a demandé si je voulais venir à Baltimore, c’est ce que j’ai fait.

T: Comment est-ce vous composez habituellement vos morceaux, vos chansons ? Est-ce que cela a évolué depuis le changement de lineup ?
DM: Non, il n’y a pas de processus, ou quoi que ce soit de ce goût-là. Je prends une guitare et commence à jouer un air, et si ça sonne bien, je l’enregistre. Rien n’a vraiment changé dans notre façon de composer.

T: D’où vient le nom du groupe, quelle est l’origine de ce mystérieux Dead Mellotron ?
DM: Franchement, j’en sais rien. C’est un nom assez terrible et, à dire vrai, ça fait un peu chier aujourd’hui qu’on soit coincé dedans maintenant.

T: Quelles sont vos propres influences, en particulier celles dont tu penses qu’elles ont façonné votre propre son ?
DM: J’ai l’impression que les gens attendent de moi que je sois un gigantesque catalogue débile de groupe idiots des années 1990 dont personne n’a littéralement jamais entendu parler, alors qu’en réalité je n’écoute même pas ces trucs. La façon dont on sonne n’est influencé en rien. OK, on peut sonner shoegaze, je peux comprendre ça. Mais on n’est pas un groupe shoegaze. J’aimerais vraiment qu’on nous dissocie complètement de cette étiquette, même si je doute que ça arrive jamais.

T: Cela doit représenter une sacrée étape, de sortir un disque en support physique, après avoir sorti tes deux premiers albums sur Bandcamp. Qu’est-ce que cela fait et qu’est-ce que ça représente pour vous ?
DM: C’est génial d’avoir des gens pour vous épauler et vous appuyer, et qui aiment ce que vous faites au point d’y consacrer du temps et de l’argent. Le fait d’avoir une sortie en support physique, c’est très bien, mais je pense que le soutien derrière, c’est encore mieux.

T: Comment s’est passée la rencontre avec Sonic Cathedral ?
DM: Ils nous ont contactés à l’époque, il y a bien longtemps, mais à ce moment-là, je n’étais pas intéressé.

T: Vous tournez beaucoup en concert ? Aux USA seulement ou bien ici aussi en Europe ?
DM: Nous faisons notre première tournée aux USA actuellement. Et on va probablement venir jouer en Europe un peu plus tard cette année aussi.

T: Comment définirais-tu votre musique ? et le shoegaze en général ? une sensation plutôt qu’un genre de musique ?
DM: J’ai pas envie de répondre à cette question.

T: Est-ce que tu penses que le shoegaze produit aujourd’hui, que ce soit vous ou vos pairs, Yeti Lane ou Team Ghost et beaucoup d’autres groupes du moment est véritablement différent depuis ses débuts à la fin des années 1980, avec des groupes comme Ride, Lush, Slowdive ou My Bloody Valentine par exemple ?
DM: A celle-là non plus d’ailleurs.

T: La presse et les blogs ont été laudatifs, et très enthousiastes autour de la sortie de ‘Glitter ‘, ça fait quel effet ?
DM: Je trouve ça génial, mais ceci dit, je préfère encore lire les mauvaises critiques. Comme je sais que les morceaux sur lesquels on travaille actuellement sont bien meilleurs que tout ce qu’on a pu faire sur ‘Glitter’, allez tous bien vous faire foutre.

T: Vous êtes la nouvelle tendance, les nouveaux My Bloody Valentine, ou est-ce que c’est quelque chose que tu souhaites seulement ?
DM: Nous sommes les NOUVEAUX OASIS.

T: Que penses-tu du numérique par rapport au physique ? Tu penses qu’il n’y a pas assez de place pour ces deux façons de distribuer de la musique ou bien que cela peut fonctionner, un peu comme des jumeaux ou des enfants siamois ?
DM: C’est très bien le digital, et le physique aussi. Personnellement, je n’ai pas de préférence mais c’est bien en revanche que les gens puissent choisir.

T: Vous semblez tous très discrets : j’ai pu lire beaucoup de chroniques mais n’ai pas pu trouver d’interviews. Pourquoi ça ? Est-ce parce qu’à la manière du shoegaze, vous préférez vous réfugier derrière vos guitares ?
DM: Je ne fais pas d’interviews parce qu’à chaque fois que j’en fais, tout le monde critique ça. Mais, bon, comme tu viens vers moi avec tes questions, je réponds, tu vois.

T: Que penses-tu du revival shoegaze, comment l’expliques-tu ?
DM: Pfouh, ça a duré quoi ? deux mois ? c’est terminé à présent.

T: Est-ce que vous avez reçu beaucoup de propositions autres que celles de Sonic Cathedral, pour signer sur un label, après la sortie en autoproduction ou votre signature sur Sonic Cathedral ? et de qui, le cas échéant ?
DM: Oui, on a en a reçu vraiment beaucoup en fait. Mais Sonic Cathedral semblaient être les plus concentrés sur les artistes cependant, ce qui est bien mieux.

T: Votre album, selon moi, perpétue la longue tradition du shoegaze, en ceci que les morceaux sont arrangés et séquencés pour au final aboutir presque à une unique piste sonore : est-ce que c’était intentionnel ?
DM: Non, les chansons ont été écrites à des époques très différentes. Il s’agissait davantage de faire en sorte que tout aille bien ensemble. Il y avait une grosse quantité de chansons qui ne sont pas sorties sur l’album car elles ne s’inséraient nulle part.

T: Qu’est-ce que tu penses de la crise du disque et du piratage ?
DM: Je trouve ça cool, le piratage. Faire des concerts, vendre des disques, c’est comme cela que tout le monde devrait gagner de l’argent. C’est exactement comme mettre sa musique sur Internet : j’aime mieux avoir mille personnes qui peuvent l’écouter et l’avoir gratuitement que dix qui vont payer pour l’écouter.

T: Est-ce que tu penses qu’il est trop tard pour la musique et pour éduquer, réapprendre aux gens à acheter de la musique, et d’aller aux concerts.
DM: Oui, c’est trop tard, j’en suis convaincu.

T: Merci pour ton temps pour l’interview et l’attention que tu y as prêtée. Bonne chance pour la tournée et pour les concerts à venir et vos futurs projets.

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  • Sonic Cathedral (LP) / Picadilly (LP)

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Merci à Nathaniel Cramp chez Sonic Cathedral.

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