Le meilleur du pire de la Saint Valentin #2

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Nous revoilà comme promis hier soir avec nos plus belles histoires foireuses. Si vous faites mieux ce soir, on veut le savoir !

La Saint Valentin par Tiphaine :

Comment BIEN foirer la Saint Valentin (des autres) ?

Recette :

Quantité : pour un restaurant.

Ingrédients :

– Un restaurant populaire, pas trop cher. Un chinois fera parfaitement l’affaire. Comptez vingt, vingt-cinq tables ; trente maxi.

– Du temps. Prévoir deux à trois heures.

– 8 à 12 célibataires marrants.

– En vrac : deux-trois pédés, dont quelques méchantes ou juste rigolotes

– Un faux-timide, de préférence trash, est bienvenu

– on veillera à choisir AU MOINS deux très beaux spécimens, minimum

– un refoulé qui ne le sait pas encore

– des filles hétéro – il en faut une moins gâtée que ses copines ou notée AAA- sous surveillance négative, un tout petit peu forte, avec un sourire radieux

– un clone de Muriel est déconseillé, en revanche ; la fille doit pouvoir exister en vrai, dans la réalité

– des hétéro mecs de tous bords et tous genres, de l’alter en sarouel et kéffieh vert et noir au faqueux de base en langues étrangères.

Une dizaine, douzaine de personnes en tout suffisent. On prendra garde à choisir les invités plutôt dans la même tranche d’âge, pour bien faire ressortir le côté « conflit », entre « vous» (les couples, là) et « eux » (les célibataires, là). Un « socle culturel » e/o comportemental commun est plus que conseillé, pour que la soirée prenne.

And it goes something like this…

C’est le 14 février, au soir, vous êtes seul. Autant dire que c’est une mauvaise soirée pourrie. Ouais, vos amis sont « sympaaa », mais ça ne remplace pas quelqu’un sous vos draps ou dans vos bras. Avec un restau avant, si possible, quand même.

Saint valentin 1

La soirée commence. A 16h00 donc. En apéritif, dans un bar où vous avez vos habitudes – sinon, à quoi ça vous servirait d’être en Fac, si ce n’est pour gratter vos cours bien sûr ? Il faut bien commencer quelque part, pour oublier que vous êtes seul. Heureusement, vos amis « sympaaa » débarquent. Et l’apéro se corse. Enfin s’améliore. Enfin c’est selon.

« Tu fais quelque chose ce soir ? – Ben non, je suis seul, comme toi tu vois. – etc. ».

La question circule vite entre tous. Bon, on ne va pas se laisser abattre, non mais des fois. En plus, les Spice Girls sont à leur apogée, la house n’a jamais été aussi populaire, alors on va leur montrer. ‘Girls power !’. Conclave, conciliabule. La décision est prise rapidement et la fumée sort vite : on va se faire un restau. Une grosse table, que des célibataires. Et on va se marrer. Et on va pourrir la soirée des gens. Mais ce ne sera pas délibéré, pas volontaire. On va juste montrer notre joie de vivre. Alors, recette pour BIEN foirer une Saint Valentin.

Vous débarquez donc au restaurant ; quelques couples sont déjà dans la place. Innocentes victimes expiatoires qui ne se doutent encore de rien.

« Une table ? – Oui. – Pour combien de personnes ?- Nous tous. »  Déjà là, ils sont bien emmerdés, parce qu’ils prévoyaient de ne faire que du single ou du double, histoire de mieux attendrir les clients et placer les suppléments à marge – le vin, le café, le dessert à 3 000 calories (et €7.00) pour faire passer la solitude ou pour souder l’amour, le couple, avec la mignardise – « Offert par la maison. » -, vous savez, ces fortune cookies à la con où vous devinez le message à l’avance 14 fois sur 15.
Au hasard : « Vous allez rencontrer quelqu’un cette année. » « Ouais ouais, je sais, j’ai eu le même l’année dernière ; résultat, j’ai rencontré mes profs, pour la première fois, à la remise des copies. » Bon, déjà, ça les fait chier, au restaurant. Mais bon, ils vous installent. Vous êtes touchés, très émus, qu’ils collent des tables ensemble pour que vous puissiez tous dîner autour de la même table et vous faire face – « Oh, c’est gentil. Merci ! merci beaucoup ! vraiment. » En fait, vous vous en foutez complètement, vous savez très bien ce que vous allez tous faire : be yourself, and crash the party.

Les menus arrivent. Les couples aussi. Re-conciliabule, re-conclave, qui prend quoi. A ce moment crucial se joue une énorme partie de la soirée : il faut EVIDEMMENT prendre le maximum de temps, et passer du menu à la carte et de la carte au menu, tout bien comparer, avec votre voisin, avec votre voisine, avec le reste de la table, « Et toi, tu prends quoi ? » pour finalement vous rabattre, évidemment, sur le menu le moins cher ou celui juste au-dessus. Le serveur a un sourire de plus en plus figé, limite crispé. On dirait qu’on vient de lui injecter du béton à banches dans les lèvres.

« Vous prendrez un apéritif ? ». Quand même, vous n’êtes pas chien, c’est la Saint Valentin, vous détestez le rose et les litchies, mais vous acceptez, et vous prenez tous un apéritif. De toute façon, les plantes sont là pour ça : si c’est vraiment trop dégueu, hop, discrétoss’ (ou pas), vous verserez votre verre dans les bambous en plastique. Pensez à dire « C’était délicieux. » quand le serveur revient, une fois le verre vide posé sur la table. Il pourrait se vexer sinon.

Les premiers plats, les premières entrées arrivent. Et c’est là que le massacre commence. La fille sur votre gauche vous a jeté un œil mauvais parce que vous avez atteint l’octave 7 en explosant de rire à l’apéritif au litchie. Et la table du fond a jeté à toute la table un regard chargé de haine, en se disant « Merde ! on a déjà commandé ! ».

Evidemment, à l’apéritif, les pédés n’auront épargné à personne les récits de leurs mésaventures amoureuses et sexuelles, et l’un d’eux, le plus beau, aura évidemment sorti son classique « Putain !, il était passif comme moi ! du coup, on n’a rien fait et on s’est juste branlés. ».

Le clone de Muriel vous racontera qu’elle ne ramasse que des fins de race über bourrées en début d’after en boîte (c’est-à-dire juste avant la fermeture) qui la complimentent parce qu’elle leur rappelle « vaguement » – elle cite – ce mannequin sur la pub qu’on voit actuellement,  ou telle peoplita qu’on voit, « Là, à la télé ».

Le refoulé vous dira qu’il n’a personne en vue parce qu’il se trouve très bien tout seul pour le moment, et les hétéros vous diront des trucs comme « Oh, rien de stable en ce moment, ça va, ça vient. », sans mesurer la portée symbolique de leur parole.

Un des autres pédés vous racontera que quand il est avec quelqu’un, il repousse au maximum le moment du premier baiser, parce que c’est tellement romantique, cette magie, et ça fait durer le bonheur d’attendre, ce à quoi le pédé super-beau répondra « Oui, pis il t’aura trompé vingt fois avec ton pote entre temps parce qu’il en aura eu marre d’attendre ! ».

Le faux-timide vous racontera sa première fois – « C’était comment alors, pour toi ? – Nul. Mais il était sympa. Et puis j’avais amené le CD de Madonna, ‘Justify My Love’ (import US), alors ça allait. », en agitant la paille de son deuxième verre d’apéritif dégueulasse au litchie en l’air comme s’il tenait un sextoy.

Le restaurant commence à vous maudire et à regretter amèrement d’être venu dîner là ce soir, tous les regards convergent vers vous ou se sont au moins une fois si ce n’est plus dirigés vers vous, le groupe là, les chieurs, qui font du bruit. Si la lapidation était autorisée, je pense qu’elle aurait commencée depuis longtemps. (Et c’est là que vous bénissez le fait de ne pas avoir choisi un restau gastronomique français, avec murs en pierres apparentes, car les clients semblent vouloir les desceller pour vous caillasser.)

Le repas continue, et l’ambiance devient électrique. Les bouteilles de rosé défilent sur la table, et tout le monde y va de son délicat commentaire, amoureusement susurré à 110 décibels, « Mais pourquoi est-ce qu’on a pris du rosé ?! C’est dégueulasse, en fait ! ».

Vous détestez tous le rosé, mais au moment de passer la commande, après un rapide coup d’œil autour de vous, vous avez habilement remarqué qu’il y en avait à toutes les tables, histoire de faire une petite touche rose et romantique en ce soir si doux, entre la corbeille à pain et la barquette de Soy Sauce et de Kikkoman et la petite rose du soir, de circonstance, amoureusement disposée sur la table. Pour être dans le ton, vous avez donc choisi du rosé.

Les clients commencent à regarder davantage leur assiette ou leurs chaussures que leur amoureux/-se. Si on était dans la salle Jupiter, ils auraient déjà tous ouvert la mallette et activé les codes pour vous faire exploser. Evidemment, comme vous êtes nombreux, ça fait plein de plats à préparer, vous passez donc en premier dans les cuisines et les tables de deux attendent, et les silences, gênés, s’installent.

A un moment, l’un des pédés (au choix), balance à Muriel « Non mais t’as déjà été avec quelqu’un, toi, un jour, en fait ? », en oubliant évidemment qu’il devrait rajouter quelques mots pour adoucir la forme. Mais Muriel – elle est gentille Muriel – répond « Oui, oui. A Saint-Quentin-en-Yvelines, j’avais un copain. » La réponse du pédé fuse « Ouais, t’avais quinze ans, t’étais au lycée et ça a duré trois mois quoi. Et depuis ? – Comment tu sais ? ». Et là, le pédé manque de s’étouffer avec son quinzième verre de litchie – « C’est bon cette merde, en fait. Faut juste en boire quinze avant quoi. ».

Le personnel du restaurant commence à ressembler à une armée de Viêt-Cong en 1954 prêts à assaillir Dien-Bien Phû, sourire en plus. Toute la table explose de rire, Muriel comprise. Les mecs hétéros se battent avec leurs baguettes pour tenter de se fondre parmi la clientèle habituée au maniement délicat de cet instrument de mort des nems. « Mais comment ça marche, cette merde ? Putain, j’ai jamais réussi à bouffer avec ces trucs-là !? Comment vous faites-vous ? ». Bien sûr, quelqu’un va essayer de l’aider. Tout le monde lutte âprement avec ses ravioles de crevettes. Une crevette apprend à voler. A ce moment, Muriel vient de capter et, un peu vexée, elle demande au pédé : « Et toi, c’était combien ta plus longue période d’abstinence ? ». Là, il fait moins le malin… « Euh… quatre ans… – Oh moi j’pourrai pas ! j’me suicide avant. » répond Muriel, du tac au tac.

Le faux-timide a pris un des éventails accrochés au mur et vous fait, au choix, un remake de Tseu-Hi dans « Le Dernier Empereur » ou du Cirque de Pékin. Le restaurant s’est transformé en making off de ‘Thriller’, et une armée de zombies vous veut du mal.

La carte des desserts arrive. Soulagés, les zomb… euh, les clients se disent que vous allez enfin vous bar… que vous allez enfin partir. La table ressemble à une fouille archéologique. Il y a des petits mots et des dessins partout sur la nappe en papier, des graffitis plus ou moins explicites, et des origami qui ne le sont pas moins. En fait non, vous n’allez pas partir. Le dessert n’est pas compris dans le menu, mais la soirée est « tellement sympaaa » que vous pouvez bien faire une exception, « pour ce soir » : à défaut d’avoir quelqu’un, vous êtes quelques uns et vous riez aux éclats. Vous oubliez votre solitude et vos malheurs pour un soir, ce soir, et ça fait du bien. Dans la salle, on gravit un échelon et on passe de ‘Thriller’ à « Massacre à la tronçonneuse ».

Les clients vous veulent vraiment du mal, vous craignez pour votre vie. Muriel se propose de rejouer Sally, «… La scène de l’orgasme ! – Oh oui ! » font tous les célibataires, ravis. La salle s’approche et vous encercle, couteaux levés, prêts à vous fondre dessus pour vous dépecer. Les desserts arrivent. Le serveur ne vous propose pas de café. L’addition arrive et vous payez. Vous ne remarquez même pas à quel point ils sont tous pressés et soulagés. En partant vous faites : « Merci. C’était super sympaaa ! on reviendra ! ». Entre temps, le restaurant aura déménagé à Paris. Vous fermez la porte derrière vous. Vous avez passé une super soirée. La salle crie « HOURRA ! ».

(Non mais sinon, en vrai j’aimerais bien aussi être à la place de ces tables de deux qui vous regardent avec des yeux comme des Uzi.)

Et après, on vous racontera l’after… (ou comment passer sa soirée à refaire la post-synchro de ‘Body of Evidence’ avec Madonna et Willem Dafoe.)

(Toute ressemblance avec une histoire vraie ne serait vraiment qu’une pure coïncidence… :P)
* Image d’illustration Boulet Corp

 La Saint Valentin de Nassima

Un 14 février au lycée, c’est le matin, on arrive on est heureux car on se demande bien ce que L’Amoureux va nous offrir pour ce jour si précieux. ( oui on est naïve a cet âge) Mais aussi pour apaiser les tensions des jours précédents car qui dit terminale dit grande réflexion sur l’avenir pour un futur métier.

On arrive donc le sourire aux lèvres,  aujourd’hui on oublie tout, c’est NOTRE  journée. Le cours de maths se passe bien, comme d’habitude on discute, on écoute le prof à moitié et on attend la sonnerie de la récré avec impatience.

Le moment venu, L’Amoureux dit  : »Vient faut qu’on parle » .

Ah ben bonne idée!…. dans la tête ça se bouscule, il va me demander pardon, que va-t- il  m’offrir ?…

L’Amoureux : « j’ai quelque chose à te dire » ….

Vous: « Moi aussi mais commence » ( je veux qu’on arrête de se disputer, c’est notre journée)

L’Amoureux : « C’est fini, je veux m’amuser »

Vous : …. !!!

Saint valentin 2

Ben la vous savez pas quoi faire toute la classe qui vous regarde de la haut  » un bisou, un bisou »,  » alors c’est quoi ton cadeau »

Vous : (les larmes aux yeux)  euh…..!

« L’ex Amoureux  » remonte et vous envoie , grand seigneur votre meilleure amie.  » Vas-y je crois qu’elle a besoin de toi »

Voilà, vous venez de vous faire larguer pour la Saint Valentin.

« Surpriiiise, alors tu l’aimes mon cadeau??? »

* Image d’illustration Boulet Corp

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