Zéro déchet… au féminin !

Samedi matin j’ai assisté à l’un des ateliers de la jeune asso Zéro Déchet de La Rochelle. Le thème de la matinée, Zéro Déchet au féminin. On va donc parler entre nanas de contraception et de protections féminines durables et sans déchets.

 Ameline et Alisson Zero dechet La Rochelle photo  Zéro déchet... au féminin !

Ameline et Alison de l’association Zéro Déchet La Rochelle

C’est lors de l’Apéro Filles de février que j’ai fait la connaissance d’Ameline Bosson, qui s’est alors présentée au groupe comme « apprentie » doula . Pour la première fois également, je découvrais ces deux syllabes à la sonorité ronde et douce. Le terme doula désigne une personne qui accompagne les couples et la femme pendant toute une grossesse, en complément du suivi médical et du travail de la sage femme.

Quand j’arrive, Ameline et Alison, nos deux intervenantes sont installées rue Bletterie à La Rochelle au fond de la boutique de cosmétiques bio, Hélianthème.

Deux autres personnes sont déjà arrivées. Devant nous une table présentant divers types de protections menstruelles dont un large éventail de coupes menstruelles de taille et couleurs différentes. Il paraît qu ‘« il en existe même avec des paillettes »

L’association Zéro Déchet La Rochelle

 Ameline Bosson association zero dechet la rochelle 2017 2 photo  Zéro déchet... au féminin !

Ameline Bosson – Photo ©Amanda Bronscheer – La Rochelle 2017

Le projet est à l’initiative d’Ameline et d’amis concernés par la thématique environnementale.

Sa première prise de conscience se réalise à l’adolescence par ce constat « il y a un monde que l’on nous lègue chaotique, en mauvais état, des océans pleins de plastique… ».

Mais l’ado de l’époque se sent démunie, seule face à des problèmes immenses.

Puis ses études l’emmène en Nouvelle Zélande où il existe une dynamique de protection de l’environnement très forte. Elle teste le végétarisme pendant un moment, et aujourd’hui consomme de la viande à l’occasion.

Interview d’Ameline Bosson

Le déclic et le début de l’histoire de Zéro Déchet La Rochelle commence par la lecture du livre Zéro Déchet de l’Avignonnaise et américaine d’adoption Béa Johnson. C’est un défi entre potes pendant 3 mois où chacun a réussi à réduire ses déchets de 7kg en moyenne à 1-2 kg par personne.

C’est aussi une des preuves que chacun, en tant qu’individu seul peut faire quelque chose et changer tout cela.

L’association est née officiellement ce 27 février 2017, et compte déjà plus de 50 membres.

Page Facebook Zéro Déchet La Rochelle : https://www.facebook.com/zerodechetlr
Groupe Facebook pour trouver et partager des astuces au quotidien : https://www.facebook.com/groups/zerodechetlr
Contact : [email protected]

Les moyens de contraception

L’idée étant de faire le tour des contraceptions féminines sans déchets ou le moins possible, on n’a pas parlé des préservatifs, ni masculin ni féminins . Rappelons quand même qu’ils sont le seul moyen de se protéger contre les IST ( Infections Sexuellement Transmissibles)

La contraception hormonale

Plusieurs contraceptifs hormonaux existent, dont le plus connu et utilisé en France est la pilule. Qu’elle soit à progestatif seul ou combinée (oestro-progestative), le principe de son action est de simuler un message de grossesse en cours avec un taux de progestérone très élevé. Le cerveau est ainsi dupé, et bloque l’ovulation. Pas de risque de fécondation donc.

Les menstruations sont « artificielles »,  causées par un saignement de l’endomètre si on suit un rythme de 21 jours de prise contraceptive suivi d’une semaine de pause. Les hormones combinées, elles, entrainent un développement de l’endomètre pour aboutir en fin de cycle aux menstruations.

« C’est uniquement pour rassurer les femmes qui ont besoin d’un repère pour être certaines de ne pas être enceintes » précisent Alison et Ameline.

Toutefois un bémol pour l’environnement : les hormones non endogènes, c’est à dire non produites par le corps sont des molécules qui a terme sont retrouvées dans des quantités non négligeables dans l’eau. En effet, on ne filtre pas physiquement des molécules dans les stations d’épurations.

Le constat ? Une « féminisation » des poissons mais aussi parfois de nouveaux nés…

D’autres contraceptifs hormonaux permettent de délivrer ces substances à plus petites doses comme l’implant, l’anneau ou encore les DIU (Dispositif Intra Utérin ou stérilet) à imprégnation hormonale.

Les contraceptions sans hormones et sans déchet

La sympto thermie

Peu connue et à ne pas confondre avec la méthode Ogino qui s’appuie sur un calendrier théorique, la sympto thermie consiste à étudier la température du corps celle-ci s’élevant sensiblement quand le taux progestérone augmente dès l’ovulation ET l’aspect des glaires cervicales.

Une méthode aussi fiable en théorie que la pilule mais qui s’appuie sur un temps d’apprentissage long pour « lire son corps dans les glaires cervicales ». Pour la température, il existe des moyens dédiés de mesure comme le Lady Comp (cher) et le Cyclotest Lady par exemple.

Le diaphragme et la cape cervicale

 diaphragme contraceptif spermicide 2 photo  Zéro déchet... au féminin !

diaphragme contraceptif et gel spermicide

Couplés à un spermicide, ces contraceptions locales sont à mettre en place quelques heures avant un rapport. En latex ou en silicone médical, la première barrière contre les spermatozoïdes est une protection physique. Puis le gel spermicide diminue la mobilité des spermatozoïdes grâce à l’acide lactique.

Il faut cependant être à l’aise avec l’idée de se mettre des doigts dans son vagin, surtout dans le cas de la cape cervicale…

Le prix de revient est peu coûteux, car le diaphragme comme la cape sont réutilisables.

Mais bizarrement, seulement 3€ sont remboursés par la Sécurité Sociale sur leur achat.

Pour les tubes de gel il faudra débourser entre 7 et 20€.

Le DIU au cuivre

Pour le DIU cuivré, la protection est assurée par le cuivre qui inactive les spermatozoïdes.

Les protections menstruelles

Dans une vie il est admis qu’une femme va utiliser environ 11 000 protections périodiques jetables. Après un petit calcul, Alisson a déterminé que cela représentait en moyenne 4000€. Un argument éco-nomique et éco-logique à ne pas négliger comme nous allons le voir avec les protections féminines réutilisables.

La cup ou coupe menstruelle

 coupes menstruelles photo  Zéro déchet... au féminin !

Il existe de nombreuses marques de coupes menstruelles. Certaines sont Made in France

Elle existe depuis les années 30 mais on en parle réellement beaucoup depuis environ 5 ans. Beaucoup de femmes l’ont adoptée car les tampons ne leur convenaient plus pour diverses raisons : l’envie d’une solution durable et sans déchet, une protection moins agressive car les tampons sont très, voire trop absorbants. Et il y a aussi avec eux un risque accru de SCT ou Syndrome de Choc Toxique qui peut s’avérer mortel.

La forme est sensiblement identique selon les marques mais on peut être plus à l’aise avec l’une d’entre elles plutôt qu’une autre de part leur taille et la rigidité de la coupe.

Où les trouver ?

On peut les acheter sur internet, en pharmacie, en magasin bio et même en hypermarché ( vu à Hyper U Beaulieu à La Rochelle)

Le prix ?

Son prix varie entre 17 et une trentaine d’euros et a une durée de 5 à 10 ans.

Quel entretien ?

D’entretien facile elle se stérilise dans de l’eau bouillante, et pendant le cycle se rince tout simplement à l’eau.

Astuces:

Si le silicone change de couleur : un bain dans de l’eau bouillante et du bicarbonate de soude
Si une odeur apparaît : un bain dans de l’eau bouillante et du vinaigre blanc.

Les serviettes lavables

 protections periodiques reutilisables photo  Zéro déchet... au féminin !

Serviettes hygiéniques lavables, coupes et éponges menstruelles

Elles ne sont pas plus imposantes que les jetables et présentent l’avantage d’être en coton, bio si possible pour diminuer l’impact écologique notamment.

Contrairement aux serviettes périodique jetables, il y a moins de souci d’odeur quand le sang entre en contact avec l’air ce qui est quasi inévitable avec les fibre synthétiques.

Et le tissu est plus agréable au contact !

Où les trouver ?

Sur internet : à acheter sur des boutiques en ligne ou des tuto DIY pour les coudre soi même ou avec sa couturière

A La Rochelle : Bio Monde ( quartier Port neuf), Un Bol d’Air ( Rue Gambetta), Génération Confort ( boulevard de Cognehors)

Le prix ?

Pour le prix il faut compter environ 20€ le lot de 3.

Moins cher si on les coud soi même avec du tissu recyclé;)

Quel entretien ?

Lavable à 60°C, détachable au bicarbonate de soude ou au percarbonate de soude.

L’éponge menstruelle

J’avoue que celle-ci est un petit OVNI pour moi . Il s’agit d’une éponge organique de Méditerranée. Humide, elle est très douce et peut être une alternative intéressantes pour les personnes qui n’ont pas trouvé leur coupe menstruelle idéale. Par contre il ne faut pas craindre «  d’y mettre les doigts » .

La durée de vie est moins importante de part la matière. Un avantage que l’on peut apprécier : c’est la seule protection menstruelle que l’on peut porter pendant un rapport sexuel.

Détail intéressant : c’est la seule protection intime qui soit compostable.

Où la trouver ?

Sur internet, éventuellement dans des magasins bio

Le prix ?

Environ 11€ par lot de 3

Quel entretien ?

Stérilisation à l’eau bouillante et rinçage à l’eau.

Le flux libre instinctif

C’est une méthode dont on parle beaucoup sur les forums et souvent critiquée. Par manque de connaissance du corps humain mais aussi sous l’argument que ce serait une pratique de « control freak » ou obsédées de la maitrise de son corps. A cela répondons intelligemment : il n’y a pas d’obligation et chacune adopte la ou les méthodes avec lesquelles elle se sentira à l’aise.

Le principe du flux libre instinctif est d’être à l’écoute de son corps, avec un périnée musclé pour retenir temporairement le flux menstruel avant de l’évacuer aux toilettes aussi souvent que l’on en ressentira le besoin. Et quand on a eu l’occasion d’utiliser une coupe menstruelle on s’aperçoit que la quantité du flux menstruel n’est pas si importante que l’on peut le croire. Un bon complément serait d’utiliser des serviettes jetables le temps de l’apprentissage.

Le Syndrome du choc toxique

Il survient quand des staphylocoques dorés prolifèrent joyeusement sur les fibres synthétiques des tampons et libèrent des toxines responsables d’un choc septique massif.

A ce sujet je ne saurais que vous conseiller de regarder le reportage de France 5 : Tampon, notre ennemi intime.

On y apprend que environ 20% des femmes qui ont été victimes d’un SCT ne l’ont pas su car mal diagnostiqué. Hors les risques d’un second choc sont accrus dans ces cas-là.

Autre petite info « anodine » que j’ai retenu dans ce reportage c’est que la multi nationaleProcter &Gamble responsable du décès dans les années 70 de plusieurs femmes à cause de leur « super tampon » est celle qui commercialise la célèbre marque Tampax…

Petite réflexion à part. N’avez-vous jamais vécu ce moment où il vous tardait de retirer votre tampon par inconfort ou sensation bizarre ? Surtout en fin de cycle où le flux est plus léger. Plus un tampon est absorbant plus il est potentiellement dangereux…

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A propos de Amanda Bronscheer

Amanda Bronscheer a écrit 242 articles.

Fondatrice d'Amagzine et community manager freelance à La Rochelle. Véritable BVA ( Blogueuse à Valeur Ajoutée) , je pratique la photo, la vidéo, l'illustration et me suis trouvé une passion pour le référencement et le conseil. J'accompagne les marques et entreprises dans l'aventure des réseaux sociaux. Je suis également rédactrice chez Rivages Magazine. Ah! ... et non je ne fais pas le café. 😉

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