Comment ont-ils commencé les paris sportifs en ligne?

Autorisés seulement depuis 2010 en France, les paris sportifs se sont démocratisés auprès du grand publics. Ces jeux d’argent sont facilement accessibles sur des sites de paris sportifs en ligne.

Les paris sportifs, un petit rappel historique pas si vieux que ça

Les courses hippiques monopolisaient jusqu’en 2010 l’attention des parieurs français. Si les turfistes sont encore présents dans les hippodromes à suivre leur(s) canasson(s) préféré(s), c’est une vision plutôt romantique qui persiste encore dans les films. La modernité aujourd’hui c’est internet et les paris en ligne, et le sport s’est fait rattraper.

Ouverture à la concurrence des paris sportifs en ligne

Le foot, l’un des sports les plus concernés par les paris sportifs en ligne

En France le législateur ne permettait pas les paris sportifs. Une entreprise de jeux de paris sportifs austro-allemande avait même été poursuivie en 2006 car elle ciblait le marché français avec son site de paris sportifs; alors que le monopole des des jeux d’argent en France était détenu par la Française des jeux (FDJ) et le PMU…

En 2010 tout change, ce sera l’organisme étatique, l’ARJEL (Autorité de Régulation des Jeux en Ligne) qui régulera la venue de nouveaux opérateurs, puis l’ANJ (Autorité Nationale des Jeux).

C’est donc depuis dix ans seulement que les paris sportifs sont ouverts à la concurrence en France et le football professionnel en a été le premier à en « bénéficier ».

Un choix différent pour l’ancien détenteur du monopole des paris sportifs en ligne

David Blaise-Martin est responsable de l’agence FDJ locale à La Rochelle. La mission de l’agence commerciale est d’accompagner le réseau de détaillants, les conseillers et les former sur les nouveaux produits et services.

Pour la FDJ, et c’est un détail qu’il défend, la proximité avec les points de vente historiques (bureaux tabac presse et bar) est conservée. Si le site « tout en ligne » existe, il est tout à fait possible de préparer son pari sur une application smartphone et de valider et payer dans un point de vente physique.

C’est cette dernière particularité qui a donné matière à une tentative d’arnaque de 13 buralistes à La Rochelle, information publiée par le journal Sud-Ouest le 2 décembre 2020. Cinq minutes avant un match, les paris ne sont plus acceptés et les buralistes, si besoin est, peuvent annuler un pari avant le début d’un match. Les escrocs ont tenté de tirer parti de ce court laps de temps en faisant enregistrer leur pari et prétextant avoir oublié leur moyen de paiement. La fraude n’a pas pu avoir lieu car Ils n’avaient pas récupéré leur reçu, cependant pour les buralistes, le pari a été enregistré.

Des parieurs aux profils très différents.

Mais qui sont ces personnes qui choisissent de parier sur un site de paris sportif ? Quelles sont leurs motivations et leur plaisir dans les jeux d’argent sportifs ? Entretien avec Nina (La Rochelle) et Hermann (région IDF)

Nina, 20 ans étudiante en ingénierie

Nina Puydoyeux
Nina Puydoyeux – Photo DR

Nina Puydoyeux est rochelaise et étudiante en école « d’ingé » à Besançon. C’est très récemment qu’elle s’est intéressée aux paris sportifs; rien à voir avec l’amour pour les mathématiques qu’elle partage avec sa mère, enseignante chercheuse à l’université de La Rochelle.

Pour Nina, participer à des paris sportifs en ligne c’est avant tout une histoire de calcul et de débrouille.
Depuis la rentrée elle a intégré le BDE (Bureau des étudiants) de son école. Et pour que ce BDE fonctionne il faut des fonds que malheureusement la crise sanitaire contrarie. Impossible de faire des événements pour récolter quelques euros de financement.
Alors aux environs de la Toussaint avec son trinôme, elle s’est inscrite sur un site en ligne de paris sportifs. Il a été choisi avec soin, il fait partie de ceux qui assurent un remboursement du premier dépôt de 100€ après le premier pari.

« Au final personne n’a perdu son propre argent et cela nous a assuré une rentrée d’argent rapide ».

Nina

L’astuce est aussi simple qu’une équation du primaire. Pour un même match de foot, ils ont donc parié 100 euros chacun.
L’une pour l’équipe 1 gagnante, le second pour l’équipe 2 et le troisième pour un match nul. Les côtes leur ont permis de faire un bénéfice net total qu’ils ont reversé au BDE, sans perdre un euro grâce à la bankroll (le porte monnaie virtuel sur le compte de pari de l’utilisateur) réapprovisionnée à hauteur de 100 euros par le site. La mise sur l’équipe gagnante leur a assuré un gain net de 160 euros et au fil des paris ce sont pas moins de 280 euros récupérés pour le BDE.

Une méthode pour le moins originale mais pas si inhabituelle car confie Nina «  ce sont les anciens du BDE qui nous ont listé des façons de gagner de l’argent. Ils nous ont dit de faire des paris sportifs », parmi les autres systèmes D utilisés par les étudiants.

Si Nina ne s’intéresse pas encore vraiment aux paris sportifs elle concède que ce premier essai est assez convaincant pour « maintenant que j’ai un compte, pourquoi pas jouer genre cinq euros par mois… ».
A petite dose donc, mais c’est le pari que font ces sites : faire tester et donner goût. Pour séduire de nouveaux joueurs…

Hermann, 35 ans, footballeur professionnel en région parisienne

Hermann-Legrand Yombi
Hermann-Legrand Yombi – Photo DR

Le foot c’est toute sa vie ou presque. Hermann-Legrand Yombi, a commencé sa carrière au ballon rond à l’âge de 10 ans. Cela l’a conduit dans différents pays et aujourd’hui il est toujours pro, en région parisienne depuis une quinzaine d’années.

Quant aux paris, il s’est lancé seul. D’abord les courses de chevaux pendant environ 4 ans, avant que les paris sportifs ne soient autorisés en France. Puis c’est naturellement qu’il s’est tourné vers les paris de foot, son sport de prédilection. Mais il s’intéresse aussi de près aux paris pour le tennis et le basket.

Parier c’est devenu un métier qu’il pratique tous les jours et qui lui assure une source de revenu, d’autant plus importante aujourd’hui que le foot professionnel est également mis à mal par la crise sanitaire.C’est même devenu une seconde nature car il ne peut «  plus regarder un match comme avant sans parier ». Tout est analysé, il vit le match passionnément car il y a un enjeu non négligeable. Son pari.

En plus de s’appuyer sur ses connaissances sportives et son expérience de sportif pro, avant de faire sa mise le premier critère d’analyse d’Hermann est : la forme physique et psychologique de l’équipe et des joueurs. Viennent ensuite en considération le classement, la composition sur le terrain (y a-t-il des blessés ? Des absents… ?).

En tant que parieur aguerri, 1000 ou 2000 euros sont des mises courantes pour lui. Parfois même jusqu’à 5000 euros.

Si Hermann cède à l’adrénaline du jeu, il en connait aussi les dangers et a souvenir de mauvaises expériences. Il essaie de ne pas reproduire les même erreurs.

« Entre janvier et juillet 2014 j’ai perdu 67 000 euros. »

Hermann

Une autre fois, le même jour il a gagné et perdu 8000€ en quelques heures. « J’avais gagné 8000€ entre 12H00 et 15H00 en pariant au tennis. Je ne sais pas pourquoi j’ai cédé à l’euphorie, je suis revenu en ligne quelques heures après. Et j’ai tout perdu. »

Cependant il n’a jamais songé à arrêter, même c’est si c’est « un cercle vicieux, car on veut à tout prix récupérer son argent. Il faut faire attention à la spirale».

Ses conseils pour un premier pari :

Connaitre le sport
Sans connaissances sportives c’est foutu d’avance et « une fois qu’on est dedans c’est compliqué d’arrêter ».

Savoir s’arrêter
En tant que nouveau joueur on a toujours « la chance du débutant ». Et dès que l’on est perdant, la première intention est de récupérer, de « se refaire » avant d’arrêter. Mais c’est rare. S’autodiscipliner à faire une pause dès la première perte est difficile.

« Le mieux c’est de ne pas commencer ! »

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